mercredi 4 avril 2018

Ellowyne-Adélaïde, vers la fin...

Me revoici après une longue absence; mes autres sources d'intérêt m'ont tenue éloignée de mon Adélaïde.
Voici les accessoires qui manquaient à Adélaïde. Tout d'abord, un tablier indispensable pour protéger ses vêtements lorsqu'elle s'active dans la maison ou dans la cour de la ferme.
Bien qu'elle ne fasse pas de gros travaux, Adélaïde participe aux besognes quotidiennes: la cuisine où elle dirige le travail de la jeune domestique, la cour où elle va ramasser les oeufs de ses poules ou récupérer le lait à l'étable. il y a toujours à faire dans une ferme et la maîtresse des lieux doit veiller à ce que chacun accomplisse ses tâches. De même, elle tient à jour ses comptes et l'inventaire des réserves. Sans oublier l'éducation de ses enfants, même si elle est aidée pour cela également.
Voilà pourquoi le port d'un tablier est nécessaire. Celui-ci ne comporte pas de "bavette". si c'était le cas, il faudrait la faire tenir par des épingles au corsage.
A l'époque, les épingles étaient absolument indispensables pour s'habiller. Plusieurs pièces des  vêtements étaient amovibles, des manchettes, parfois même des manches; un col que l'on pouvait ainsi changer en gardant le même corsage. Les épingles servaient aussi à ajuster un vêtement un peu grand; on ne changeait pas de garde-robe pour une petite variation de poids.
Au 18ème siècle les robes des grandes dames comportaient ce que l'on appelle une pièce d'estomac.Le terme n'est pas joli mais il qualifie un élément très élégant de la robe.Voici deux tableaux où on voit bien la pièce d'estomac:
Voici la pièce d'estomac, équipée d'attaches dans lesquelles on devait glisser des rubans pour maintenir cette pièce en place. (je suppose mais je ne suis pas une spécialiste)


Sur ce tableau, la pièce d'estomac est de couleur brune, la robe vient se fermer en triangle par-dessus.
C'est là qu'interviennent les épingles qui maintiennent la robe fermement, c'est pour cela qu'il en fallait beaucoup. La dame ne risquait pas de se piquer, la pièce d'estomac étant épaisse et renforcée, rigide en fait, on pouvait donc mettre des épingles sans risque.

On peut se faire une idée de l'importance de ces épingles en lisant l'inventaire de la cassette allouée aux "Filles du Roy" sous Louis XIV; on y lit, entre autres éléments indispensables à une femme," un cent d'aiguilles et un mille d'épingles". Ça paraît énorme mais on devait en perdre souvent, j'imagine et il en fallait tant pour s'habiller !

Tout cela pour vous dire qu'Adélaïde ne s'est pas encombrée d'un tablier à épingler pour les travaux domestiques, le sien est noué à la taille. Elle a complété sa tenue par un mouchoir de cou. Il permettait de couvrir le décolleté, de tenir le cou au chaud, n'oublions pas que les maisons n'étaient pas aussi bien chauffées que de nos jours, il devait y avoir de nombreux courants d'air; bref, on mettait un mouchoir de cou.
Selon le rang de la dame le mouchoir de cou était plus ou moins luxueux; celui d'Adélaïde est simple, robuste et sans fioritures.
Enfin, après s'être coiffée correctement, Adélaïde recouvre ses cheveux d'une coiffe, simple et de nature utilitaire. Elle protège ses cheveux des salissures et garde sa coiffure bien nette. Qui plus est, les femmes du peuple se seraient déconsidérées en se montrant "en cheveux". Seules les prostituées et bien sûr les grandes dames pouvaient se le permettre, encore que ces dernières portaient parfois juste un ruban, symbolique, pour rappeler la coiffe.

Là encore, on trouvait toutes sortes de coiffes, des plus simples aux plus belles, chargées de dentelles, voire des coiffes minuscules qui n'avaient d'utilité que de parer la dame.
Voici les photos prises sans soleil, hélas, de notre Adélaïde presque prête:




Je ferai d'autres photos avec le mouchoir de cou croisé et rentré dans le corsage.
C'est tout pour aujourd'hui! 



jeudi 11 janvier 2018

Ellowyne-Adélaïde ( mes recherches )

Aujourd'hui, je ne montre pas d'avancée dans la tenue d'Adélaïde. Je voulais partager avec vous un peu de mes recherches sur le costume au XVIII ème siècle et en particulier ce qui concerne les coiffes. Je me suis basée sur les tableaux d'époque, ce qui permet de conclure que le port de la coiffe est incontournable. On peut déjà voir sur les portraits des grandes dames que la coiffe est de mise, qu'elle soit posée en arrière de la tête ou bien emboîtante.
Pierre Bernard

Françoise-Marie Pouget

Louis Carrogis

Jean-Joseph Li Horemans





Jean-François de Troyes

Dans les tableaux suivants, on retrouve les coiffes chez des personnes plus modestes. On constate qu'elles sont alors plus pratiques, couvrant mieux les cheveux. On y voit moins de dentelles également.
Chardin

Greuze

Les domestiques aussi portent la coiffe. Elle me paraît parfois un peu "luxueuse" sur les tableaux que j'ai vus ; peut-être les peintres embellissaient parfois les choses pour plaire à leurs commanditaires.
Chardin

Chardin
André Bouys

J'ai choisi les 3 dernières toiles car les coiffes de ces domestiques sont simples, en lin ou en coton, sans fioritures, pratiques. Elles me semblent réalistes.

Le tableau suivant nous montre la maîtresse et la servante, toutes deux portent une coiffe.

Otto Erdmann
Pour la maîtresse, la coiffe est minuscule et a un rôle ornemental.Celle de la domestique est très simple mais il y a tout de même une touche de coquetterie avec le ruban rouge.
Les gravures suivantes sont d'un monsieur Poisson. Il a croqué sur le vif les vendeuses des rues de Paris. Elles portent toutes une coiffe.


J'ai aussi trouvé ces deux planches datant du milieu du siècle, avec des croquis très intéressants pour mieux connaître les coiffes et les chapeaux de l'époque.

Il s'agit de mode pure, cela concerne les femmes aisées, cependant, je suppose que les classes moins favorisées s'inspiraient de cette mode, avec leurs moyens. je remarque aussi que l'on aperçoit les coiffes sous certains chapeaux. J'ai donc cherché des tableaux qui le confirmaient et j'en ai trouvé plusieurs dont ces deux-là où l'on aperçoit le blanc de la coiffe sous le chapeau.
Louis-Philippe Boitard
Cette femme du peuple porte une coiffe emboîtante avec des pans encadrant le visage et le chapeau est posé dessus.
George Kapton
Cette jeune femme de la bonne société a elle aussi posé son chapeau sur sa coiffe. elle est plus discrète que sur le portrait précédent, mais bien présente tout de même.
J'ai aussi trouvé des exemples de coiffes régionales.
Haute Loire fin XVIIIè

Haute Loire début XIXè
Antoine Raspal Arlésienne XVIIIè

On pourrait encore parler longuement de la coiffe; je ne sais pas si cela peut intéresser et ce blog est très peu visité, aussi c'est surtout pour le plaisir de chercher et d'apprendre que j'ai fait ce billet.
C'est l'un des aspects les plus passionnants quand on s'intéresse aux costumes historiques.
A la prochaine fois pour un billet sur la suite de la tenue d'Adélaïde.

















mardi 9 janvier 2018

Ellowyne-Adélaïde 9

Bonne année à celles qui passeraient encore par ici !
Je suis restée absente un bon moment; bien sûr il y avait les fêtes mais c'est surtout le corsage de la dame qui m'a pris du temps. Que dis-je ? Les corsages !
En effet, quatre essais infructueux ont été nécessaires pour arriver à ce que je vous montre aujourd'hui. Je suis très loin d'être satisfaite mais je sature un peu, alors j'arrête. Peut-être un jour aurais-je envie de recommencer mais là : non !

Donc, voici la chose avec de superbes photos , prises le même jour, à la même heure, dans la même pièce. C'est vrai, nous n'avons plus de belle lumière depuis des jours mais de là à comprendre qu'à un mètre cinquante de distance, j'obtienne ça...Mystère !

Je vous entend penser "Mais il est de guingois, ce corsage !" Oui, ma maîtrise des oeillets miniatures laisse à désirer. J'ai voulu faire un laçage en spirale ( je ne sais plus si c'est le terme) mais la pose des oeillets, c'était la galère !
Adélaïde porte donc un corsage plutôt court, pratique puisque c'est une tenue quotidienne, avec cependant une fantaisie dans le dos; le corsage  se termine par une basque, d'un seul tenant, elle n'est pas rajoutée.





Ce corsage est coupé et doublé avec deux tissus de mon stock. Pour ce qui est du patron, j'ai examiné, dessiné, transformé, plusieurs patrons, n'en ayant trouvé aucun qui me satisfasse. Je prends aussi des patrons pour poupées plus grandes ou plus petites et je photocopie en ajustant. Je copie aussi des modèles "humains" mais je ne suis pas couturière, le patronage est un art à part entière que je ne possède pas. Voilà pourquoi mes modèles sont bidouillés.
Adélaïde ne se plaint pas, c'est le principal. 😉

Je n'en ai pas fini avec cette tenue. En effet, aucune honnête femme ne se serait montrée "en cheveux". Même chez elle, elle se couvrait la tête, au moins partiellement. Les grandes dames réduisaient parfois au mini-minimum leur coiffe mais pour les autres, la coiffe était de mise. On pouvait voir des coiffes régionales, parfois très travaillées, en dentelle, broderies délicates mais je pense qu'elles étaient réservées aux grandes occasions. Pour le quotidien, une coiffe simple suffisait, ce qui ne veut pas dire qu'un brin de coquetterie ne s'y glissait pas. Cela dépendait des moyens de la dame et des travaux qu'elle effectuait.
Un autre élément de la toilette sur lequel on ne faisait pas l'impasse, c'était le mouchoir de cou. Je vais aussi m'en occuper. 
J'avoue que le manque de lumière naturelle me pèse; nous, dans le sud, sommes mal habitués, dès qu'il fait sombre, on râle !
Alors, au travail !





mercredi 22 novembre 2017

Ellowyne-Adélaïde 8

J'ai choisi d'habiller Adélaïde avec des tons sourds, couleurs d'automne alors que l'on est au printemps. Mais ce n'est que le début du printemps, le Saint-Laurent s'est libéré de ses glaces il y a peu et le temps n'est pas encore au beau fixe. Elle ne porte pas encore ses tenues printanières. Pour les travaux quotidiens, elle ne met pas de vêtements trop clairs .
Adélaïde commence par enfiler sa jupe de dessus. Elle serait en lin ou en laine fine; pour moi, elle sera en coton uni.
Si vous aimez les costumes historiques, vous aimerez aller voir le travail de Katherine, je vous y engage, elle fait de très belles choses. Clic. Comme vous le verrez si vous suivez le lien que je vous propose, elle a réalisé un jupon 18ème prévu pour utiliser des poches amovibles. Je me suis inspirée de ce genre de jupe, historiquement bien documenté.
 Je n'ai pas fait de liens comme sur l'original car cela créait des épaisseurs supplémentaires. J'ai opté pour deux fermetures latérales à la taille avec des pressions. Pas historique mais adapté à l'échelle d'une poupée.

C'est très simple et correspond, selon moi, aux circonstances  que j'évoque. Vous découvrez en même temps la nouvelle coiffure d'Adélaïde, plus conforme à l'époque mais toujours trop volumineuse. ma fille a attaché les cheveux sur la nuque pour atténuer l'effet "pouf" mais il faudra voir ce que cela donnera avec la coiffe.
J'ai fait un corsage, je dois encore l'ajuster sur la dame. J'ai mis à Adélaïde sa chemise, ses bas, son jupon piqué et sa jupe. Comme prévu, je n'ai pas mis le corset.
La suite au prochain épisode...

mercredi 15 novembre 2017

Ellowyne-Adélaïde 7

Voilà ! J'ai monté les poches sur une fine dentelle pour pouvoir les attacher autour de la taille. Pour des poches de taille humaine, on aurait utilisé une sangle bien plate et costaud. J'ai pris cette dentelle car elle est légère et de bonne taille; et comme d'habitude, j'ai pioché dans mon stock.
J'ai fait des photos pour montrer le résultat et cette fois-ci...Sans les tracés bleus.
J'ai laissé la dentelle assez lâche pour que Adélaïde puisse y glisser la main.

Voilà ce que ça pourrait donner. Bien sûr, personne ne voit ces poches, normalement mais Adélaïde a mis tout son coeur à coudre et broder ces accessoires, ses amies les ont admirés et elle est heureuse de porter de belles choses, même si elles restent cachées.

Le jupon a lui aussi perdu ses tracés bleus et il a gagné un ourlet. Nous voici arrivés au moment où il va falloir choisir les tissus pour la jupe et le corsage...Cela risque de prendre un certain temps.

mardi 14 novembre 2017

Ellowyne-Adélaïde 6

Voici à quoi je travaillais depuis deux jours. Des poches ! En effet, l'usage des poches était déjà bien répandu au milieu du 18 ème siècle. Si on ne parle pas des grandes dames, on peut se demander comment une femme transportait les "indispensables choses" que ce soit chez elle ou à l'extérieur. Elle avait des poches, tout simplement mais on ne les voyait pas. Attachées autour de la taille, elles étaient indépendantes des vêtements . Comment y accédait-on ? La jupe de dessus était fendue des deux côtés et donnait un accès direct aux poches. Je suppose qu'il y avait aussi des jupes fermées, soit pour les femmes ayant une servante ou une suivante, soit pour celles qui ne s'encombraient de rien à part un mouchoir, peut-être.
Mais Adélaïde est active, elle ne va pas courir chercher ses ciseaux, son mouchoir, ses épingles, chaque fois qu'elle en a besoin; elle porte des poches.
Voici des photos des collections du Victoria and Albert Museum de Londres, elles nous montrent des poches brodées.


J'ai dessiné une forme ressemblant à ces exemples bien que j'aie vu un peu trop large et pas assez long mais ça ne me paraît pas bien grave. J'ai ensuite tracé à main levée ( ce qui explique les différences ) des motifs de broderie et j'ai brodé. Je me dis que j'aurais dû employer un tissu imprimé ton sur ton comme sur la première et la troisième photo mais j'ai utilisé le coton blanc que j'avais sous la main. D'après de nombreux modèles de robes et d'accessoires de cette époque que j'ai pu voir, l'association de couleurs et de motifs était assez libre, la doublure d'un vêtement pouvait être "rapiécée", c'était d'autant plus courant dans les classes laborieuses.
Voici les poches avant montage sur un cordon .

J'adore broder mais j'avoue que j'ai mal préparé ce travail. Je m'y prendrai mieux si je recommence. Aussi, soyez indulgents. Je me rends compte aussi que j'oublie toujours d'effacer les tracés bleus avant de prendre les photos; on reconnaît tout de suite la pro !
Rendez-vous au prochain épisode de l'habillement d'Adélaïde.

lundi 13 novembre 2017

-Ellowyne-Adélaïde 5

J'avais planifié mes billets pour le week-end mais visiblement, le jour férié a perturbé mon "assistant virtuel", il a oublié de poster la partie 3! Je viens donc de la mettre en ligne, désolée pour le décalage.
Comme je le disais plus haut, le jupon ne me convenait pas. J'ai donc re-dessiné des motifs de piquage et j'en ai profité pour changer de tissu. J'ai choisi un coton uni gris qui m'a servi aussi pour la doublure et j'ai mis à l'intérieur une flanelle de coton, plus souple que la ouatine.
Voici le résultat avant ourlet.

Une fois l'ourlet réalisé, le jupon restera assez court; c'est voulu. Cette tenue est prévue pour un usage quotidien, pratique et Adélaïde habite une ferme où elle travaille, elle doit être à l'aise et ses jupes ne doivent pas traîner sur le sol ou dans la boue. C'est pourquoi la jupe sera assez courte; J'ai vu plusieurs exemples de ce type sur des tableaux d'époque et la simple logique me dit que c'est correct.
Sur le patron d'origine ( dont je m'éloigne de plus en plus ) on recommandait de fermer la ceinture du jupon avec un crochet. Or, même de petite taille, le crochet me semble "agressif" et n'empêche pas une certaine épaisseur. J'ai choisi de broder une petite bride et de coudre un bouton, le but étant que les deux extrémités ne se chevauchent pas.


Voici deux plans rapprochés de cette fermeture, les tracés bleus vont disparaître au repassage. J'aime bien ce mini bouton; je suis ravie d'avoir trouvé ces petites fournitures.

Dans le billet suivant, j'espère vous faire découvrir un élément que j'ai ajouté au modèle, conforme historiquement et que j'aime bien mais ce n'est pas encore terminé...
Je ne l'ai pas précisé mais tous les tissus viennent de mon stock. Ayant eu avec une amie une boutique dédiée au patchwork et à la broderie,  pas mal d'années après la fermeture, il me reste quand même un stock de tissus, des cotons en majorité mais j'ai aussi quelques soies , bref de quoi alimenter mes rêves de poupées. J'essaie d'utiliser au maximum ces ressources.